Une étrange histoire...
Publié le 21 Juillet 2009

Il était une fois un homme si particulier, né vieux et qui allait vivre sa vie à contre-courant en rajeunissant inéxorablement...
Il était une fois l'histoire d'amour d'une vie, incandescente mais impossible, entre une femme et cet homme à part .
Il était une fois l'Etrange histoire de Benjamin Button, un film réalisé par le génial David Fincher ( Seven, Panic room, Fight club) qui a investi 10 ans de sa vie pour donner corps et âme à ce personnage hors normes.
Des effets spéciaux jusque là jamais utilisés au service de cette nouvelle, publiée en 1922 par F. Scott Fitzgerald dans son recueil "Les enfants du jazz".
Brad Pitt plein de grâce et de retenue nous émeut tout au long de son histoire incroyable.
Cate Blanchett est Daisy dont Benjamin tombe amoureux dès leur enfance.
Son jeu m'a moins émue , je trouve cette actrice un peu trop froide et je me suis moins attachée à elle.

Ce film reste une oeuvre rare et belle , une réflexion sur le temps , la vieillesse et l'amour.
J'aime beaucoup la scène au début du film. C’est une anecdote historique.
On y apprend qu’un horloger français, M. Gateau, chargé de mettre au point la nouvelle horloge de la gare de la Nouvelle Orléans en 1918, a décidé, inconsolable de la perte de son fils à la guerre, d’en faire un monument à la jeunesse sacrifiée. Ainsi, son horloge tourne... à l’envers. Et le réalisateur , au faîte de sa maîtrise cinématographique, de nous rendre réel son fantasme : à rebours, les soldats tués se relèvent, les adieux sur le quai de la gare sont des retrouvailles...

Mais l'horloge de M. Gateau n’est qu’une illusion ; c’est une machine à tristesse, à regrets, comme le film de Fincher. Des regrets où l’on s’enferme, comme dans une prison. Car rien ne vient rattraper le temps passé. Les morts ne ressuscitent pas. Et on ne revit pas ce que l’on a vécu. Quand Benjamin Button vient au monde, il a le corps d’un vieillard. Ainsi, tandis que son esprit prendra de l’âge, son corps rajeunira. On voudrait envier Benjamin, mais d’emblée, Fincher met en évidence la tragédie de son héros : que vous reste-t-il quand vous êtes condamné à vivre constamment avec un esprit en décalage avec son corps, sinon du rejet, des opportunités manquées, des regrets ?