Les noces rebelles
Publié le 12 Février 2009
Paru en 1961, Revolutionary Road de Richard Yates (en français La fenêtre
panoramique) dépeint une Amérique trop propre pour être heureuse. Ou, plus exactement, le quotidien d’un jeune ménage petit bourgeois dont les rêves sont trop grands pour eux. April et
Frank habitent un pavillon tout neuf de la banlieue new yorkaise et se croient différents de leurs voisins : plus ambitieux, plus romantiques, plus entreprenants. Jour après semaine, mois après
année, ils se laissent pourtant engluer dans cette vie sans grâce, avec rituel du soir devant la télévision et des week-ends derrière la tondeuse à gazon. On pourrait se croire dans un épisode de
Desperate Housewives. Sauf qu'on est en 1961. Et que Richard Yates préfère le drame pur jus à l’humour caustique, et que son réalisme est
impitoyable.
Lorsqu’il publie ce roman,
Yates est déjà connu pour ses nouvelles (Onze histoires de
solitude) et considéré comme un maître du genre par de nombreux auteurs américains.
Mais sa mort, en 1992 l'a fait plonger dans un oubli presque total .
Jusqu’à ce que Kate Winslet elle-même ne suggère à son époux, le réalisateur Sam Mendes de
jeter un coup d’œil au roman, et plus si affinités...
Du livre au film ..." Les noces rebelles "

Au milieu des années 1950, April et Frank Wheeler forment un jeune couple américain qui, en apparence, a tout pour être heureux (enfants, maison, travail...). Ils se considèrent comme bien au-dessus des conventions sociales et de l'inertie qui règne dans leur lotissement. Jamais ils ne se conformeront à l'inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales.
S'étant pourtant promis de ne jamais sombrer dans le conformisme de leurs voisins, ils finissent par devenir ce qu'ils ne voulaient pas être : un homme coincé par son
métier et dont la désinvolture peine à cacher le manque d'assurance, et une morose femme au foyer rêvant d'une autre vie. Ils sont bientôt confrontés à un dilemme : écouter leurs propres désirs
ou s'adapter à la société.
Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à
Paris...

Sam Mendes signe à la fois "un huit clos psychologique", le portrait d'une Amérique des années 50 en plein changement de mentalité, et la lente destruction d'un couple perdu entre ses rêves et les ambitions d'une vie rangée.
Est-ce que le temps, les aléas de la vie ne vont pas nous contraindre à oublier les rêves que nous faisons ? Est-ce que la vie ne nous éloigne pas de la personne que l’on aimerait être ?
Le jeu des acteurs est époustouflant et certaines scènes sont tellement tendues qu’elles font mal. Ce couple est attachant parce
qu’il s’aime et rêve d’une vie différente, intense.
Mais il faut bien gagner sa vie, travailler. Et puis le premier enfant donne de nouvelles responsabilités. Le train-train, les habitudes s’installent. Un second
enfant, le pavillon de banlieue…On est de plus en plus coincé.
Quelle est alors la place des rêves, de l’aventure, des aspirations de la jeunesse ?
La plupart d’entre nous se résigne et trouve peu à peu sa place, son équilibre et même une certaine forme de bonheur.
Mais certains, plus idéalistes, plus révoltés ou tout simplement plus exigeants ne supportent pas de rentrer dans le rang.
Incompris, solitaires, révoltés ils se retrouvent perdus, ne sachant comment résister à l’emprise de la société. La vie est trop courte pour se résumer au travail, à la consommation et au train-train quotidien.
Envie de larguer les amarres, de partir voir le monde, de brûler de passion ou de rencontrer des gens. Envie de créer, de se réaliser, de se découvrir soi-même, de ne pas jouer le rôle qu’on nous a imposé.
La liberté et l’épanouissement sont difficiles, voire impossibles à atteindre.
Ce film
pose des questions et nous force à réfléchir sur le sens de la vie.
A 10 ans, je rêvais de devenir écrivain ou journaliste et de voyager dans le monde entier.
A 17 ans, je ne rêvais pas d’un téléphone ou d’un ordi portable, d’une belle voiture, d’une maison avec au salon un beau téléviseur plasma à écran plat ( bon ok il n’y en avait pas encore, c’est juste une image ! )
Non, j’étais fleur bleue et je rêvais du prince charmant, d’une vie de voyage et d’aventure, de littérature, de poésie et de musique. Ni Dieu ni maître, seulement l’amour fou et plein d'amis. Pas du tout matérialiste et totalement irréaliste !
A 20 ans, j’étais instit, je gagnais ma vie mais je ne suis pas partie sac au dos à la découverte de nouveaux horizons. J’étais amoureuse ( pour la vie, j’en étais persuadée !), je me suis mariée et je suis devenue maman à 23 ans.
Quand j’ai eu mon deuxième enfant, mon couple avait éclaté et nous avons divorcé.
Quelques années de galère plus tard, j’ai eu une seconde chance en rencontrant mon homme sweet homme.
Nous avons vécu nos plus belles années et notre fils Thomas est né pour le plus grand bonheur de tous, nos enfants étaient si unis. Nous étions heureux tous les six comme jamais.
Mais la vie devait nous réserver encore la pire des épreuves.
Nous avons perdu notre Guillaume, après sept ans de maladie d’espoir et de lutte et il nous a fallu trouver en nous la force de continuer la route…
Oui ce film
a remué beaucoup de sentiments en moi.
Merci à Lucille de l'avoir partagé avec moi .
Avons-nous
vraiment choisi notre vie ?
Avons-nous été lâches parfois , avons -nous cédé à la facilité, à la sécurité, avons -nous eu la force de dire non ?
Les rêves de mon adolescence, mon idéalisme mis à mal, ma confiance piétinée, ma révolte face à l’injustice et la dureté de la vie, les déceptions et
mon cœur meurtri par tant de douleurs…
Et toujours
au bout du tunnel, une lumière, une main tendue, de l’amour pour croire encore et tenir bon.
Et toujours au fond de moi la jeune rebelle de 17 ans qui refuse une vie terne et aspire à vivre intensément chaque jour, chaque nuit, chaque saison de la
vie.
à Kate Winslet et Léonardo Di Caprio magnifiques acteurs !!
Bisous à tous