Réflexions...
Publié le 26 Août 2011
Un petit message à vous tous que je retrouve avec plaisir !
"J’ai détesté les psychiatres qui ont si mal soigné mon fils et qui n’ont rien mesuré de sa détresse, et qui ne nous ont jamais aidés, conseillés, ou tout simplement écoutés avec compassion .
La souffrance n’est jamais loin. Elle est juste cachée tout au fond de moi. Elle semble endormie mais son sommeil est léger. La moindre chose la réveille : des dates sur le calendrier, les anniversaires de naissance et de décès, les fêtes.
Et ces événements heureux que Guillaume ne connaîtra pas. Le mariage de sa sœur Lucille, la naissance de Lola et Julie ses nièces, la réussite au bac et au permis de Tom, son petit frère. Il ne connaitra pas Jo ni le petit Lucas, fils de son meilleur ami Steph. Et la naissance prochaine d’Elora . Comme il aurait été fier de sa petite sœur .
C’est comme si, depuis la mort de Guillaume , je ne pouvais plus connaître de vrais moments de bonheur, de ceux que rien ne peut ternir.
Et le temps ne change pas grand-chose : cela fera 10 ans en 2012 et il n’y a pas un jour où je ne pense à lui. La souffrance ne peut jamais disparaître.
Pourtant il m’arrive de me sentir bien. Surtout grâce à Chris, qui veille sur moi avec tant de générosité et d'amour.
Avec lui, je fais des projets, je suis toujours pleine de rêves et je n’ai pas perdu mon enthousiasme.
J’aime la vie malgré les épreuves endurées.
Je l’aime mais en même temps je m’en suis détachée. Je sais que je ne m’y accrocherai pas. Si une nouvelle épreuve, la maladie, la perte d’un proche survenait, je ne serai plus de taille, je rendrai les armes. Trop c’est trop ! Je n’ai pas envie de vivre vieille trop longtemps et il m’est souvent arrivé de penser à la mort comme à un doux sommeil apaisant, un repos bienfaisant. Je voudrais ne laisser à mes proches que de doux souvenirs et non le spectacle d’une vieillesse triste ou pire, aigrie . Partir avant de devenir un fardeau. J’aime la vie mais je la sais fragile éphémère et je ne crains pas de la perdre.
Aujourd’hui pourtant, ma vie a repris avec vigueur. Depuis l’annonce de la naissance d’Elora, je me surprends, à me sentir heureuse, vraiment heureuse, à prendre les choses avec une légèreté qui m’avait complètement désertée. Je crois que l’amour que je porte à nos enfants et petits-enfants est comme un baume sur mon âme. Il n’est plus chargé de l’angoisse qui m’étreint parfois. Je sais qu’auprès d’eux, je me trouve bien,paisible, joyeuse. L’amour et l’amitié dont je suis entourée sont ma force, me donnent le goût de vivre, et j’espère qu’à mon tour je donne un peu d’amour et d’amitié à mon entourage.
Heureusement j’en ai d’immenses réserves et je compte bien les distribuer sans compter !
Ma fille, ma petite Lulu va à son tour donner la vie et je ressens une joie extraordinaire. Je pense à cette petite fille qui va arriver dans nos vies comme un rayon de soleil.
Et pour la première fois depuis longtemps le futur me semble radieux… »
Bisous à tous !