Des parents de loin
Publié le 29 Septembre 2009

Quand nos enfants
quittent la maison, il nous faut apprendre (comme dit joliment la psychanalyste Lydia Flem) à devenir des" parents de loin", après avoir été si longtemps des "des parents de
près ".
Je suis souvent
mélancolique en pensant à nos ainés qui vivent, l’un à la montagne en Savoie, l’autre à la mer à Tamaris, près de Toulon. Ils me manquent beaucoup .

Nous sommes ausi les "papi et mamie de loin" de nos deux petitounes Lola et Julie.
Bien sûr, nous cultivons le lien en nous téléphonant, envoyant mails, photos, petits cadeaux mais parfois on aimerait prendre la voiture et en une heure ou
deux se retrouver tous réunis . Mais nous sommes vraiment trop éloignés pour ça. Et que dire de mon amie Tita dont la fille vit maintenant au
Québec.
Nous avons encore avec nous Thomas (17 ans), le petit dernier, mais il est en terminale et bientôt il devra lui aussi quitter le nid !
Je sais qu’il va nous
manquer terriblement ! Le bruit de son scooter quand il rentre du lycée , ses goûters, ses accords de guitare, ses rires...
On y pense, on en parle, on essaie de se préparer.
Nous le savons tous. Aussi proches, affectueux, intimes que soient nos enfants, ils doivent partir, prendre leur envol.
Nous aussi avons un jour
quitté le nid familial .
J'avais 18 ans et la première année à l'école normale de Draguignan a été difficile.
Mes parents, la maison me manquaient beaucoup et je revenais chaque week-end.
Et puis la deuxième année, j'avais des amis et ça allait beaucoup mieux.
Même pour les jeunes, il n'est pas toujours facile de couper le cordon. La famille est un cocon tellement douillet parfois !
Dans son livre « Comment je me suis séparée de ma fille et de mon quasi-fils », Lydia Flem parle du « syndrome du nid vide », de ce sentiment d’abandon et d’inutilité qui peut
nous envahir et nous conduire à la déprime quand les enfants sont tous partis vivre leur vie …
« Quand elle se sépare des ses enfants, une mère doit aussi grandir. »
Nous ne sommes pas seulement des mères mais des femmes.
Et nous devons apprendre à penser à nous, à notre couple, à nos envies.
Faire des projets, se
rapprocher de ses amies, rester active et garder le moral.
Penser à eux mais ne pas les ennuyer, les empêcher de vivre comme ils l’entendent.
Saisir les moments partagés. Quand Lucille revient à la maison, c'est comme un vent de joie qui nous emporte !

Nous avons essayé de bien les élever, de leur donner des valeurs qui nous semblent bonnes, nous les avons aimés et nous les aimerons toujours.
Mais ils ne seront plus
là tout près, nous ne râlerons plus en découvrant le désordre de leur chambre. Nous n’aurons plus ces discussions animées à table, quand nos ados refont le monde ! Nous ne partagerons plus
le quotidien, c’est ainsi …
Le plus beau cadeau : les savoir équilibrés, heureux, bien dans leur vie !
Même loin de nous par la
distance, jamais par le cœur.
" On ne peut que donner deux choses à ses enfants: des racines et des ailes. "