"Le tombeau d'étoiles " de Maxence Fermine

Publié le 30 Mai 2009



              


                                      



Découvrir un nouvel écrivain, c'est toujours une aventure et un immense plaisir !!
Je vous présente Maxence Fermine, un auteur français né en Savoie en 1968.
 

Il a vécu à Paris avant de partir en Afrique où il a travaillé dans un bureau d'études. Il vit aujourd'hui en Haute-Savoie avec sa famille.

A travers ses romans, il parcourt les époques et les cultures.
Le Japon de la fin du XIXe siècle avec Neige, le continent africain avec l'Apiculteur et Tango Massaï, la Chine avec Opium, l'Italie avec Le Violon noir, le Chicago des années 30 avec Billard Blues, la période trouble de l'occupation avec son dernier roman paru aux Éditions Albin Michel, " Le tombeau d'étoiles."

Je viens  justement d'en terminer la lecture.

" J' étais jeune alors, sans dégoût de l'existence, tel un soldat à l'aube d'une bataille et qui traverse d'un coeur léger une lande de terre sans savoir qu'elle sera bientôt entachée de sang et qu'elle deviendra son tombeau.J'allais sans crainte vers mon avenir, enivré de ce philtre sournois qu'est l'espoir, croyant encore tenir dans ma main la clef de l'Eden alors que c'était celle des enfers."

Au soir de sa vie, Didier retrace le long chemin
qu'il a parcouru et les événements qui en ont déterminé le cours
. L'enfance, la jeunesse, la guerre, l'amour pour Eléonore. Jusqu'au drame qui va bouleverser son existence..
J'ai beaucoup aimé le style fluide, dépouillé et émouvant de l'auteur.
Je vous en restitue quelques passages...

" Je crois que, toute ma vie, je n'ai fait qu'effleurer des ombres, alors que je croyais saisir à pleines mains d'éclatants soleils. Je n'ai fait que rêver ma vie au lieu de vivre mes rêves. Cruelle erreur. Il m'a fallu toute une existence d'homme pour tourner la vieille clef rouillée qui ouvrait sur le jardin secret de mon âme. Un territoire envahi par les herbes sauvages de l'oubli et le chiendent de la solitude. Un lieu que je croyais abandonnée à jamais, comme une concession dans un cimetière où l'on ne vient plus..."

A propos d'Eléonore , l'amour de toute sa vie...

"
Elle aviserait, mais en tout cas elle se devait de s'en aller. Cela faisait dix ans qu'elle était là toujours à la même place, à regarder le monde passer devant elle dans un tourbillon et elle qui ne bougeait pas. Elle était semblable à ces marins qui restent à quai et regardent les bateaux partir au loin. elle n'en pouvait plus et vait décidé que c'était  enfin son tour. Il était encore temps. Il est toujours temps de vivre.
On peut rester des années sans avoir ce désir, bien sagepent assis sur un banc dans une parfaite immobilité tandis qu'autour de soi la vie tourne comme un manège, les choses, les gens, les envies et les rêves.
Cela peut même durer indéfiniment. La plupart des gens s'en contentent parfaitement. Mais il arrive qu'on se dise qu'on n'en peut plus de cette immobilité et que la terre est vaste et le temps éphémère. Alors, pourquoi ne pas en profiter ?
Et c'est ce qu'elle a fini par faire Eléonore Verdussen, ce matin de mai, attirée par les lumières d'une autre existence.."



Il y a également une très belle scène entre le père de Didier et un officier allemand...
Tous deux partagent l'amour de la poésie.


"
Voici un texte retrouvé dans une tranchée à Verdun aux derniers jours de la première guerre mondiale. Une simple feuille, maculée de boue et de sang, pliée en quatre et rangée dans un petit coffret en fer. Son auteur n'a jamais été identifié... Sans doute un officier allemand ou un simple soldat. On ne saura jamais... Mais au fond est-ce bien utile de lui donner un titre ou de connaître le nom de celui qui l'a écrit ?
Il s'agit du testament d'un homme, c'est tout ce qui compte. Il y a tout dans ce poème.
La détresse, la souffrance, la misère, la tristesse, le chagrin, la mort, l'horreur de la guerre...Et pourtant, tout est dit en musique, avec des mots d'une douceur de soie.
Parce que c'est  à çà  que sert la poésie. A rendre nos misères humaines plus supportables.
Nous sommes tous des ombres Vous comme moi. Et nous mourrons tous un jour. De la guerre ou d'autre chose. Mais que serait la vie sans la poésie, sans la beauté des choses. Sans un peu d'amitié et un peu d'amour ?
"



                                                       


" Je ne suis qu'une ombre dans un tombeau d'étoiles
Une ombre noire allongée dans un cercueil d'or
Et lorsque soufflera le zéphyr de la mort
Vers les froides ténèbres je mettrai la voile

Je m'envolerai vers les rêves azuréens
Bercé par le son d'une musique inquiétante
Guidé par les phalènes aux lueurs éclatantes
qui, tels des astres, illumineront mon chemin

Je suis tombé ce matin au champ de bataille
Comme tant d'autres victimes d'une guerre inutile
Et voilà que lentement mon âme vacille
Ma pauvre vie, vraiment ne vaut plus rien qui vaille

Je ne suis q'une ombre dans un tombeau d'étoiles..."



C'est un roman un peu triste, c'est vrai, mais il m'a fait réfléchir.  
Il est souvent tentant de se réfugier dans le  rêve, dans l'attente.
Plus facile de se renfermer sur soi, de se laisser glisser dans la nostalgie, les regrets...
Et la vie passe si vite...
Il faut dire aux êtres qui nous entourent qu'on les aime, il faut essayer de réaliser ses projets même ceux qui paraissent un peu fous.  Vivre ici et maintenant.
Nous n'avons qu'un passage. Alors, autant se lancer dans l'aventure à fond, non ?


                           Bisous à tous !     

 

 


Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

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G
J'ai lu "le labyrinthe du temps" du même auteur et j'avoue ne pas avoir accroché du tout alors qu'à l'origine, la livre m'attirait beaucoup !
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