Suzanne la pleureuse

Publié le 21 Janvier 2009


 


 Un roman de Alona Kimhi .   

 L'histoire :

Suzanne Rabin pleurniche, larmoie, sanglote le plus clair de son temps, sans raison apparente. " Émotionnellement instable " depuis la mort de son père survenue lorsqu'elle était adolescente, elle approche de la trentaine, mais n'arrive toujours pas à quitter sa mère et leur petite vie dans la banlieue de Tel-Aviv.

Suzanne la pleureuse a toujours besoin de trouver un sens. Quand son père est mort, il a emporté avec lui le sens et le merveilleux de la vie.

Suzanne est fragile, méfiante, inquiète.

 

J’essaie de me rappeler quand j’ai appris à dire " non "à la vie, cette vie qui est un produit si désiré par d’autres. Quand j’ai décidé de fermer une fois pour toutes et hermétiquement la porte de fer de la cave dans la quelle je vis et d’où j’inspecte la vie à l’aide d’un périscope. Je n’ai pas de réponse. Depuis le temps que je suis ici, sur notre terre pécheresse, je repère des instants, des bribes de décisions éclair. Je distingue des tournants. Un savoir plus approfondi. Je n’ai pas de dates.

Bien loin, à l’aube de mon enfance qui s’éloigne de jour en jour, j’ai compris que le monde était un lieu affreux.

Je n’ai pas subi de sévices ou vécu des traumatismes qui auraient sapé les fondements d’optimisme éclairé sur lesquels j’étais censée bâtir le restant de ma vie. Ma biographie est grise et banale, vierge de drames et de ces expériences du mal qui durcissent le cœur. Je n’ai jamais été battue, humiliée, torturée ou rabaissée au-delà des doses quotidiennes qui sont le lot de chacun d’entre nous. Mes parents étaient aussi gentils que possible et je ne peux pas trouver de vraies réponses dans les lacunes bien humaines de leur éducation.

Alors à quel moment ce fœtus du renoncement a-t-il commencé à se former en moi  ? Qui a orienté ma voie vers ce lieu où je me trouve en ce moment et d’où je regarde la vie comme un tableau à une exposition ? " 

 

 

Les choses changent brutalement lorsque son lointain cousin d’Amérique, Naor s'installe chez les deux femmes, troublant définitivement le fragile équilibre de leur existence.

D’abord farouche, Suzanne va se rapprocher peu à peu de ce jeune et séduisant cousin.

Un soir, il lui propose d’aller au cinéma voir le dernier Tarantino. Mais au milieu du film, Suzanne se met à sangloter si fort qu’ils sont obligés de quitter la salle.

 

"  -Arrête de pleurer, tu m’entends ? Tu t’apitoies sur ton sort, hein ? La vie est dure. Que faire ? Elle est affreuse par définition. Les vases se sont brisés,

on nous a expulsé du Paradis. Il est temps que tu apprennes à vivre avec les faits. Oui, la vie est affreuse, mais les hommes sont attirés par la lumière. Tu comprends ? Vers la lumière ! Tu crois que ma vie n’est pas affreuse ? Elle l’est.

Mais moi, je n’empêche pas les gens de voir les films qu’ils rêvent de voir… "

 

 

 

De crises de larmes en moments d'angoisse, Suzanne va doucement sortir de sa coquille, ouvrir ses ailes et devenir enfin une femme libre.

Et Naor se sentira grandi de cette amitié amoureuse, lui qui, malgré intelligence et beauté, gaspille ses qualités et sa vie, qui ment aux autres, se ment à lui-même, qui fuit ses démons…

Avant de partir, il laissera une lettre à sa cousine .

.

" .. Et maintenant, écoute-moi bien parce que c’est l’essentiel : tout ce que nous étions ensemble n’a aucun sens si tu ne lui donnes pas une suite. Il faut que tu partes. Il faut que tu sois libre. Je crois en ton étoile. N’aie pas peur. Je sais que tu as en toi la force de créer, de t’inventer , de te bâtir un monde , d’ouvrir une porte pour laisser s’échapper les forces ténébreuses mais aussi les forces lumineuses tapies au fond de toi … "

                          


Alona Kimhi est née en 1966 en Ukraine. En 1972, sa famille émigre en Israël. Après son service militaire, elle fait des études de théâtre et entame une carrière de comédienne au théâtre et au cinéma.

Si elle dit ne pas avoir souffert de l’exil et de son traumatisme, elle confesse son dégoût des événements qui ont marqué l’histoire récente au Proche-Orient.
En 1993 elle commence à publier des pièces de théâtre puis se tourne définitivement vers la littérature en 1996 avec la publication de son premier recueil de nouvelles, "Moi Anastasia " primé dès sa parution en Israël et qui paraît aujourd’hui en France. Ces premiers textes annoncent l’originalité de l’œuvre de la future romancière. La touche particulière d’Alona Kimhi réside dans sa capacité à rendre le désespoir presque drôle. Suivront deux romans, Suzanne la pleureuse en 1999 et Lily la tigresse en 2004 qui lui apportent une consécration internationale.



C'est drôle après avoir lu ce livre j'ai pensé à deux films je ne sais trop pourquoi... Un lien, qui même s'il ne saute pas aux yeux, existe sans doute. Il s'agit de "Rain man" et de "Pour le pire et le meilleur" .
Je vous prépare un petit article à leur sujet. A suivre donc...

Bisous à tous  !

 

Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

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