Merci mr Paul Auster
Publié le 18 Janvier 2009

Je viens de traverser une période difficile . Cela m'arrive parfois et j'ai ressenti le besoin d'écrire, de confier mes
sombres pensées.
Et ce matin, je feuillette le programme télé , je repère une émisssion qui m'intéresse sur la * 5 * " La grande
librairie". L'invité unique est Paul Auster. Je connais peu cet écrivain je n'ai lu encore qu'un de ses livres "Brooklyn follies" que j'avais aimé
.
Et je découvre un homme attachant, intelligent, à la fois simple et profond .
Et surtout je découvre dans ses propos comme une résonance de mes propres pensées. C'est très étrange, comme magique.
Paul Auster semble m'être si proche.
Il m'aide à comprendre
ma propre vie, mes propres sentiments...
Je trouve dans ses réflexions mes pensées secrètes, mes peurs ,mes doutes...
Il parle des
gens brisés, ceux qui ont perdu un être cher.
" On ne sait pas véritablement qui on est tant qu'on n'a pas été testé par la vie. Et je crois que la plus grande épreuve est de perdre quelqu'un que l'on aime par-dessus tout. Sa femme ou ses enfants. Comment réagit-on à la douleur, à la peine, à la perte, à la solitude? Ça ne m'est pas arrivé, non, mais je le redoute. Pas un jour sans que cette pensée me traverse. Alors j'écris. Pour tenir à distance cette épreuve, peut-être..."
Parfois il lui arrive de ne plus pouvoir écrire , une
sorte de dépression de l'écrivain. Il se plonge dans la lecture voit des films parle avec des amis boit et fume trop et ..ça passe.
La vie continue...
" Et ce monde étrange continue de tourner.."

Il a le pessimisme de la tête et l'optimisme du coeur.
Dans son dernier roman, un père dit à sa fille " La vie est décevante mais je veux que tu sois heureuse. "
Hier j'écrivais :
"Il m’arrive assez souvent de traverser des périodes noires. Doucement je me
laisse envahir par de sombres pensées, que je ressasse à longueur de jours et surtout de nuits…
C’est si facile de lâcher prise, de se laisser aller au désespoir, de s’apitoyer sur soi.
Tout y passe . Le passé et ses souvenirs, les plus douloureux et même les doux les beaux, les précieux. Ceux-là sont ceux qui font le plus souffrir.
Je m’enfonce de plus en plus dans le
désespoir. Seule dans le noir."
Le dernier livre de paul Auster a pour titre " Seul dans le noir "
J'écrivais encore :
" J’ai bien des refuges . La nature, la musique, les livres bien sûr et les films
aussi. Toutes ces façons de me plonger dans des histoires. Alors , je m’oublie, je me laisse emporter.
Ce sont mes anti-déprime et quand ils ne font plus d’effet, ne me réchauffent plus à l’intérieur, alors je glisse sur la mauvaise pente. Celle qui fonce droit dans le noir. Je n’ai plus envie de rien, ni de lire, ni d’écrire, ni de parler.
J’essaie de
m’accrocher mais je glisse… "
Merci Mr Paul Auster d'avoir parlé pour nous, les
tendres désespérés, ceux que la vie a brisés et qui marchent encore et encore...

Mais il est temps de vous présenter à mes amis.

Né en 1947 à Newark (état du New Jersey) de parents de confession juive, eux-mêmes nés aux Etats-Unis mais originaires d'Europe de l'Est, Paul entra très tôt en contact avec les livres, par l'intermédiaire de la bibliothèque d'un oncle traducteur.
Diplômé de littérature de l'université de Columbia ,il part en Europe.Poète et
vagabond, il est marin sur un pétrolier pour gagner l'argent de son voyage.
De 1970 à 1974, il s'installe à Paris , où il fréquente les auteurs contemporains et
européens. Connaisseur attentif de notre langue il a traduit des auteurs comme Mallarmé et Sartre, composé une anthologie remarquée de la poésie française contemporaine, écrit plusieurs
essais sur Kafka, Beckett.
Une partie de son œuvre évoque la ville de New-York.
Il a également travaillé pour le cinéma, sa seconde passion. Il réside maintenant à Brooklyn.
Paul Auster est édité en france par les éditions Actes Sud.
Quand on lui demande pourquoi il est devenu écrivain,il raconte cette petite anecdote :
" Petit, j'étais un passionné de base-ball. Un jour je me retrouve face à mon idole et pourrais recevoir une
signature de sa part. L’idole n’a pas de crayon, mon père non plus, ma mère non plus. L’idole lève les épaules, prend un air désolé et s'en va. Je pleure mais, surtout, je m'en veux de ne
pas avoir eu un crayon sous la main.
Maintenant j'en aurai toujours un sur moi " C'est comme ça que je suis ecrivain !"
Les romans de Paul
Auster sont des chemins, des itinéraires où l'on tombe parfois sur des impasses, où l'on peut revenir sur ses pas, s'attarder quelque part avant de repartir.Ils disent la solitude,
l'errance, ils racontent les petites histoires des hommes dans la grande Histoire.
Il décrit les doutes de la société américaine en pleine mutation .
Extrait de Brooklyn
Follies :
" Vivre le meilleur des choses à Brooklyn, être amoureux à soixante ans comme à trente, se marier, retrouver les siens, échapper aux sectes, marcher sous le ciel bleu à 8 heures
du matin, s’enflammer pour henry David Thoreau, pour combien de temps encore, en Amérique ? "
Paul Auster a construit
une œuvre unique en son genre, subtil mélange de roman philosophique et de road movie, où des personnages fracassés par le destin entrent pourtant en lutte contre la résignation et le mouvement
du monde...
.