50 Balais !!..
Publié le 29 Mai 2008
Passer le cap des 50 ans est une expérience périlleuse
!
A 20 ans, 30 ans, on ne pense pas aux années qui passent et c’est bien normal.
On est dans l’urgence, dans l’appétit de vivre, d’aimer, de créer. Etudes, emploi rencontres et puis l’Amour passion, l’Amour toujours . Le couple et plus tard les
bébés. Tant de choses importantes d’évènements majeurs. Pas de temps pour le vague à l’âme et c’est tant mieux.
Et puis les années passent semble-t-il de plus en plus vite. Et on se retrouve un soir de juillet à fêter ses 50 balais avec famille, amis et feu d’artifice
!
Et on se demande comment on en est arrivé là !
Pourtant il y a des signes, on ne peut les ignorer . Les lunettes qui deviennent indispensables, même pour faire les courses. Le corps qui tout doucement se met à
changer. Les cheveux plus sel que poivre ( merci movida ! ).
Les enfants qui peu à peu quittent le nid. Ils ont commencé leur vie, ils vont fonder à leur tour une famille. La roue tourne…
Suis-je donc devenue une femme d’âge mûr ? Une femme avec de l’expérience ? Je me sens pourtant encore si maladroite, si fragile, et sans certitude. Je suis encore (
et j’ai beaucoup de chance) la petite dans le cœur de mes parents.
Oui, il n’est pas facile d’accepter les rides, les petites douleurs, les kilos en trop Encore moins facile de voir ses parents devenus si faibles, si vulnérables et
de craindre le jour où l’un ou l’autre s’en ira.
Mais ce qui est le plus difficile est de supporter l’absence de ceux qui sont montés là-haut bien trop tôt. Avant nous.
Pourtant le temps continue sa course et nous avançons vaille que vaille.
Et puis des joies nous attendent, des naissances, des rencontres, des voyages.
J’aimerais continuer à progresser intellectuellement, à apprendre encore, à découvrir. Et me maintenir physiquement.
Quand je m’imagine vraiment vieille, je pense à Suzanne Flon.

Cette charmante dame à la voix tellement spéciale, aux yeux vifs et malicieux qui à 81 ans jouait encore sur les planches d’un théâtre parisien !
Je me la rappelle dans « L ’été meurtrier » qu’Isabelle Adjani surnommait « la sono cassée » ou dans « Fauteuils d’orchestre » où elle était la
joyeuse mamie de Cécile de France.
Devenir une jolie mamie guillerette qui ne cache pas son âge et qui l’accepte.
Accepter une vieillesse sans rancune sans tristesse sans nostalgie. C’est un sacré
défi.
Pour vous une chanson de Carla Bruni.
« La dernière minute. »
Quand j'aurai tout compris, tout vécu d'ici-bas
Quand je serai si vieille, que je ne voudrai plus de moi
Quand la peau de ma vie sera creusée de routes
Et de traces et de peines, et de rires et de doutes
Alors je demanderai juste encore une minute
Quand il n'y aura plus rien qui chavire et qui blesse
Et quand même les chagrins auront l'air d'une caresse
Quand je verrai ma mort juste au pied de mon lit
Que je la verrai sourire de ma si petite vie
Je lui dirai : "Ecoute ! Laisse-moi juste une minute..."
Juste encore une minute, juste encore une minute
Pour me faire une beauté ou pour une cigarette
Juste encore une minute, juste encore une minute
Pour un dernier frisson, ou pour un dernier geste
Juste encore une minute, juste encore une minute
Pour ranger les souvenirs avant le grand hiver
Juste encore une minute... sans motif et sans but.
Puisque ma vie n'est rien, alors je la veux toute.
Tout entière, tout à fait et dans toutes ses déroutes
Puisque ma vie n'est rien, alors j'en redemande
Je veux qu'on m'en rajoute
Soixante petites secondes pour ma dernière minute.
Tic tac tic tac tic tac