"Gringoland"

Publié le 21 Février 2011

 

 

Un premier roman que j'ai bien aimé .

Un article particulièrement intéressant sur le site EVENE .

 

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Gringoland

de Julien Blanc-Gras

 

 

"La télé ne rend pas seulement con, elle rend surtout malheureux."

Dans son premier roman en forme de récit de voyage, c'est principalement aux enfants de la télé que Julien Blanc-Gras s'adresse. A cette génération de désenchantés, à ces jeunes qui n'ont plus foi en l'avenir et dont le seul salut semble être le petit écran. Valentin, le narrateur - on se demande s'il ne s'agit pas de l'auteur lui-même - plaque tout du jour au lendemain, après la mort de sa chienne, pour partir loin, très loin, là où l'herbe a peut-être une autre couleur. Du Mexique à Cuba, en passant par les Etats-Unis, le lecteur assiste à l'initiation du jeune globe-trotter qui ne recherche rien d'autre que lui-même. Le ton est acerbe et cynique, servi par une écriture au rythme rapide et presque oral, mais dont la morale n'est justement pas moralisatrice. Ce n'est pas parce qu'il se désintéresse de la société de consommation que l'auteur-narrateur ne s'en estime pas un pur produit. Ses multiples rencontres sont l'occasion de peindre un tableau à la fois léger et grave - mais toujours juste - des mœurs occidentales, de mettre en évidence la lâcheté humaine et la mauvaise foi ambiante, et surtout d'inviter le lecteur à réaliser une bonne fois pour toutes que c'est en cessant de rechercher le bonheur que nous réussirons peut-être un jour à être heureux. ( EVENE)

 

 

  Extraits de l'interview du jeune auteur :


  « J'ai laissé sa chance à aujourd'hui pour oublier demain". Epicurien, Julien Blanc-Gras ?

C'est marrant que vous aimiez cette phrase, j'ai failli l'enlever au dernier moment parce que je la trouvais un peu ronflante. Oui, c'est l'un des axes du livre. Profiter de la vie, aller voir ailleurs, aller de l'avant, malgré tout. S'il y a un point de vue dans mon livre, c'est "sortez de chez vous"!


Quel est votre lecteur idéal ?

Ce doit être vous. Le lecteur idéal est celui qui est perméable, qui se laisse emporter par un livre. Ce qui me ferait le plus plaisir, c'est qu'en refermant mon livre, il achète un billet d'avion et parte loin, lui aussi.

 

 

 

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Extraits :          Un petit tour à San Francisco .

 

 

« San Francisco.

 Elle habitait sans rire dans une maison bleue adossée à la colline. Des bannières étoilées trônaient aux fenêtres de la voisine. Partout, les magasins affichaient des stickers «  Proud to be an american »

- Tu es fière d’être américaine ?  Je demandai pour vérifier.

- Bien sûr que j’en suis fière. 

 Je ne voulais pas perdre mon temps à lui expliquer qu’être né quelque part, pour celui qui est né, c’est toujours un hasard. Je voulais quand même savoir comment elle était fière.

- Pourquoi ?

- Parce que nous sommes les leaders du monde.

C’est vrai. Ils assurent les américains. Ils ont inventé l‘ordinateur et le rock‘ n’roll.

De tous les Américains, ce sont les Californiens les plus forts. Ils ont fait d’un désert une oasis, voire une jungle. A Hollywood, ils ont crée l’usine à mythes la plus fertile depuis la Bible.

San Francisco est une ville venteuse et vantarde. Elle a inventé la ruée vers l’or, le jean, le grand pont rouge joli, les hippies, les pédés, la nouvelle économie.., vous rappelleront ses habitants en remettant leur écharpe.

San Francisco est une ville de tribus qui cohabitent dans la décontraction. Les bussiness-men portent la cravate à l’aise dowtown. Les homos s’amusent et s’organisent dans le Castro. Les chinois vendent des babioles dans Chinatown. Les Mex s’agglutinent au fond de Mission et travaillent illégalement dans la restauration. 

Les Blacks habitent tellement loin qu’on préfère les regarder à la télé se flinguer entre eux dans Hunter’s Point. Les milliardaires regardent tout ça en s’ennuyant du haut de Russian Hill.

 San Francisco est libérale, tolérante, ouverte à toutes les excentricités tant qu’on ne s’amuse pas à allumer une cigarette... » 

 

 

Un petit livre plein d'humour, qui épingle les travers de notre société, n'épargnant ni les uns ni les autres et surtout pas les écolos bobos, les faux marginaux, les gens superficiels les contents d'eux, la consommation,  le tourisme de masse , la bonne conscience et la bétise 

 

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      Et pas tout à fait désespérant malgré tout !

" Il faut accepter. Que tout puisse s'écrouler, que ça n'ait aucun sens. Se fabriquer des raisons de continuer. Se dire que le bonheur n'existe pas, pour essayer d'être heureux. Profiter de cette vie quand elle est là, s'ouvrir des horizons en vrac..."

 

 

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Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

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Commenter cet article

Mary 22/02/2011 16:20


Et bien tu sais il a raison ! la télé renvoie des images de la vie complètement faussée et ces jeunes qui ne font pas la différence se sentent mal dans leur peau ...! la réalité est tout autre
..bon aprés midi à toi Mary. Bises Mary