" Le dit de Tianyi " de F. Cheng

Publié le 23 Septembre 2009




                                           




Destination La Chine avec ce livre magnifique !

" Le dit de Tianyi " est l’histoire d’une existence « emplie de fureurs et de saveurs ».
Nous suivons Tianyi de sa plus tendre enfance jusqu’à la fin à peine évoquée dans cet hospice réservée aux âmes perdues, aux corps éprouvés.
Cet homme sensible et tendre nous entraîne sur ses pas et nous découvrons les paysages envoûtants de la Chine, des personnages attachants - l'ami Haolang poète courageux et fougueux, et Yumei  la femme que les deux amis vont  passionnément aimer chacun à sa manière  - 
                 

                                         


Nous suivons  Tianyi, cet artiste peintre plongé au coeur des évènements de l' histoire complexe et douloureuse du peuple chinois...
Etonnante aussi sa découverte de Paris, de l'art occidental et de notre nourriture.
Tianyi dévorant des yeux nos petits gâteaux dans la vitrine d'une pâtisserie française.
Cette crème, ce parfum de lait le font fondre de gourmandise !

La langue est belle, pleine de poésie et quand on sait que cet écrivain est chinois et écrit en français, Chapeau bas !!!

                                                   


                                        
 

 Quelques extraits à savourer...


 A propos des livres chinois et occidentaux

" Ces volumes de taille si variable qui pesaient dans la main et qui faisaient sentir toute la solidité de leur corps, contrastaient singulièrement avec le livre chinois fait de papier fin, quasi translucide, si souple et si léger, irradiant de l’encre ancienne au reflet irisé et qui distillait encore ce parfum indéfinissable, mélange d’herbe fraîche et de branches séchées. Si le livre chinois relève du végétal, le livre occidental, à mes yeux, relève soit du minéral, soit de l’animal. Certains ouvrages à couverture de carton épais et à papier dur, dont la blancheur était rompue quelquefois par d’anciennes tâches auréolées aux teintes brunâtres, me faisaient penser à des « pierres de rêve » (pierres de marbre ou de jade dont les veines tortueuses évoquent des paysages imaginaires), des pierres d’une espèce magique qu’on pouvait, feuille à feuille, ouvrir à son gré. D’autres à couverture de peau, étaient relativement plus souples, néanmoins résistantes, voire rugueuses au toucher. On aurait cru caresser le pelage d’une bête qui sent le musc : un daim ou un sanglier. »

 


La nature est vraiment magnifiée !

                              


"A l'extrême bout de la plaine que venait de laver une violente averse, scintillait dans la lumière du soir un long ruban d'argent : le Yangzi. Ce fleuve dont j'avais tant entendu les grandes personnes parler, je ne pensais pas le voir de sitôt, encore moins dans un cadre aussi exceptionnel. 
Il était là, à la fois appel de l'infini et barrière infranchissable, emportant tranquillement les minuscules jonques qui glissaient à sa surface... 
Alors que je fixais mon regard sur le mouvement des jonques, une main invisible posa au-dessus du fleuve un parfait arc-en-ciel dont le sommet effleurait une rangée de nuages moutonnants.
Mais l'instant d'après, je vis avec regret que ces nuages se mettaient en branle et défaisaient l'arche pierre à pierre, selon un ordre étonnant, aussi lestement que ces adroits acrobates du théâtre traditionnel enlèvent sur scène, morceau par morceau, tout un échaffaudage de meubles dangerereusement empilés.
Il ne resta plus à l'horizon que le soleil déclinant, immense gong qui envoyait le dernier écho d'un chant inoui. 
Perdu sur la hauteur, aux côtés de mon père, je restais figé devant ce songulier paysage bientôt noyé de brume..."



                         

 

 Pour en savoir plus sur cet auteur...


Né le 30 août 1929 en Chine, dans la province de Shandong, non loin du yang Tsé et des brumes du Mont Lu, François Cheng est issu d'une famille de lettrés et d'universitaires — ses parents comptaient parmi les premiers étudiants boursiers envoyés aux États-Unis.

Il se verra attribuer le prix André Malraux pour "Shitao,la saveur du monde", dans le domaine du livre d'art. Le prix Roger Caillois pour ses essais et son recueil de poèmes "Double chant", le prix Femina pour son roman " Le dit de Tianyi " et le Grand Prix de la Francophonie pour l'ensemble de son œuvre.

Le 13 juin 2002, il est le premier Asiatique élu membre de l'Académie française.




                                   


J'ai admiré ces photos sur le site goodsites.kazeo.com  " Les beautés de la Chine"

 


Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

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Géraldine 29/09/2009 19:24


Ces photos sont vraiment magnifiques. Une belle invitation au voyage.