Le tombeau des lucioles

Publié le 11 Mai 2009


                         
                        




            火垂るの墓           Le tombeau des lucioles

 

 

 Ce film d’animation japonais d’Isao Takahata sorti en 1988 est adapté d’une nouvelle, écrite en 1967 par Akiyuki Nosaka.

Grâce à cette œuvre, le monde découvrait que le manga pouvait s’ouvrir à des univers différents et avoir sa place parmi nos plus beaux films, témoignant de la folie des hommes, de la cruauté de la guerre.

Ce film a reçu  le prix Unicef pour son message de paix au festival de Moscou.



                                                  

 

Dès les premiers instants du film l’émotion naît :

                  «  La nuit du 21 septembre 1945, je suis mort  »

Ce sont les mots de Seita, 14 ans, s’éteignant dans une cruelle indifférence.

Il est allongé sur le sol dans une gare.  Des employés vont constater sa mort et ramasser près de lui une vieille boîte rouillée qu’ils jettent un peu plus loin.

A ce moment, une petite fille espiègle semblant venir de nulle part, ramasse la boîte de bonbons parterre et se jette dans les bras de son frère qu’elle retrouve enfin


                     
                         
                                   


 

 

Le reste du film est un long flash-back douloureux avec des moments poétiques, tendres mais aussi  des scènes difficiles, poignantes et sans concession.

 C’est l’histoire de deux enfants perdus dans la tourmente de la guerre. Seita, un adolescent de 14 ans et sa petite sœur, 4 ans à peine.

Nous sommes au Japon  en été 1945,  dans la ville de Kobé qui vient juste d’être  massivement bombardée.  

Leur mère ayant trouvé la mort, Seita essaie de contacter son père, un officier de la marine, mais en vain.

Leur maison n’est plus qu’un tas de ruine. Seita et Setsuko errent dans les rues de la ville dévastée.

Ils se réfugient chez une tante mais bientôt ils se sentent de trop. Avec la pénurie, ils sont un fardeau pour la famille.

La guerre est présente tout au long du film, les alertes qui jettent la population dans les abris, les familles qui ne se retrouvent plus, la ville dévastée, les morts et les blessés, le rationnement, le manque de nourriture, la solidarité qui s’effrite…

 

Devenus indésirables chez leur tante, les enfants partent alors et se réfugient dans un abri désaffecté. Ils vont vivre là, tous les deux, se débrouillant seuls.

                                
   

Ils pêchent des coquillages dans la rivière, font la cuisine. Un jour, ils vont voir la mer.


                                                                  

Mais leur vie quotidienne est de plus en plus difficile. Seita doit trouver de la nourriture, rassurer sa petite sœur  qui  finit par tomber malade.

Ce film est triste et me fait pleurer à chaque fois, mais il y a tant de  moments de grâce.

Des petites choses comme une boîte de bonbons qui est leur seul trésor ou ces lucioles qui illuminent leur abri la nuit. 

                          



Les éclats de rire de la petite Setsuko qui s’émerveille d’un rien, la tendresse de son grand frère, leur refuge et la nature apaisante.

Ce manga est bouleversant et si vous le pouvez, découvrez cette histoire inoubliable.



                                


  Au sujet des mangas, une analyse pertinente d'Anne Henriot prof de lettres et de cinéma à Montreuil  :




                                      Les mangas

 
 

Il y a manga et manga

 

Les mangas sont arrivés en France dans les années 1990, notamment avec l'adaptation à l'écran de Dragon Ball diffusé par le Club Dorothée. Ils ont immédiatement suscité une vive controverse.

 Le terme, pourtant, ne date pas d'hier. Il signifie étymologiquement « images dérisoires » et on le doit au peintre Hokusaï. Après la Seconde Guerre mondiale, ces BD en format de poche et en noir et blanc, publiées sur papier bon marché, prennent un essor considérable. Elles sont très diversifiées et visent des publics très différents. Les mangas ne sont donc pas tous violents ni tous peuplés de héros surnaturels qui passent leur temps à se battre.

 

 Au cinéma, les mangas deviennent des « anims ». C'est aujourd'hui la Toei Animation qui produit et diffuse à travers le monde ces séries très violentes ou, au contraire, à l'eau de rose dont la qualité n'est pas toujours la vertu première et qui suscitent parfois des polémiques en France.

 

C'est cependant à cette école-là que se rencontrent en 1960 les deux plus grands artistes actuels de l'animation japonaise : Isao Takahata et Hayao Miyazaki.

 Leurs exigences (qualité du graphisme, représentation du temps, étude de la psychologie des personnages) sont bien plus élevées que celles de la Toei.

 Ils partent donc fonder le studio Ghibli dans la banlieue de Tokyo.

On doit notamment à Miyazaki Nausicaa, Porco Rosso, Mon voisin Totoro, Princesse Mononoke,  Le château ambulant, Le voyage de Chihiro

Takahata, lui, a fait des études supérieures de littérature française à Tokyo.

 Il aime à rappeler qu'il s'est inspiré de Grimault et Prévert. Il est aussi l'auteur de Pompoko et du récent Mes voisins les Yamada.


           


Les petis chats de Lulu et Geoffrey se nomment Sushi et Haku, des noms bien japonais !

                                      Comme on dit là-bas   SAYONARA !                                                     


                                                             





                                                         


                                   


                                                                 





               

Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Cinéma

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lucille 12/05/2009 12:13

un des plus beaux dessins animés japonais, je cite également le voyage de chihiro d'où vient le nom de notre petit chaton (Haku, que l'on écrit Aku), le château dans le ciel, origin

et un des mangas que je préfère est la série Gunm, surtout les films d'animation tirés des livres

;)