La disparition de Richard Taylor

Publié le 22 Février 2009



   
                                                                              


L'histoire :


Richard Taylor mène une vie paisible de petit bourgeois dans un quartier tranquille de Londres, avec son épouse Susan et leur petite fille qui vient de naître.
En apparence il a donc tout du père de famille comblé. Mais comme souvent les apparences sont trompeuses et le héros ne tardera pas à laisser tomber le masque de ce bonheur illusoire pour... disparaître.
Sans plus de formalités, abandonnant femme et enfant avec pour toute explication un mot griffonné à la hâte qui exprime sa sensation d'étouffement et son départ inopiné pour Tokyo.
Commence alors pour lui un voyage vers cette destination qu'il n'atteindra jamais, jalonné de rencontres féminines qui seront autant de voix pour dessiner l'identité de cet homme "en cavale" et surtout à la dérive...

Chaque chapitre donne la parole à l'une d'elles -  Susan l’épouse, Jean la mère,  Jennifer la voisine de palier, Rebecca la collègue de bureau, Vanessa l’amie transsexuelle ou encore l’amante sans lendemain, l’attentionnée psychiatre, ainsi que la dramaturge suicidée Sarah Kane
.

Point commun : elles ont toutes connu Richard Taylor, avant ou après sa "disparition". Chacune l'aimera et le perdra . Chacune essaiera de comprendre cet homme perdu qui ne se livre pas, son malaise, ses aspirations 
artistiques avortées, son conflit paternel ...
Au fil des années, huit exactement, son exil se transformera en dérive , il se lasse de tous ses rôles,
sans trouver celui qui lui convient...Il fera souffrir et souffrira lui-même..



Alors que son héros est plutôt antipathique même si sa fragilité peut le rendre attachant, ses personnages féminins témoignent tous d'une grande générosité et énergie, "femmes-refuges" qui le réconfortent comme elles peuvent. Elles sont résolument du "côté de la vie". "J’avais besoin de ce regard féminin, car c’est souvent que, dans mon existence, il m’a fait avancer et sauvé." explique l'écrivain.

L'auteur interroge aussi
les aléas d'une destinée et des choix de vie que nous opérons. Comment ne pas se tromper et les erreurs sont elles irréversibles lorsqu'on devient « étranger à sa vie » comme l'est Richard Taylor ? Comment ne pas se mentir à soi-même et s'extirper des mensonges familiaux ?


C'est un livre parfois émouvant mais profondément triste.

En fait cet homme perdu ne se confiera que très peu..

Il envoie un mot très dur à sa mère Jean Taylor hospitalisée pour une fracture : :

 

"Je romps le contrat, je ne respecte pas les trois mois de préavis, je me casse, maman. Je profite de ton séjour à l’hôpital pour prendre la tangente. »



Il écrit une longue lettre à sa jeune soeur et on peut mieux comprendre les blessures et la fuite de Richard..


« J’ai aimé ça tu sais : être un modèle, faire tout ce qu’il faut faire. Il n’y a rien de plus pratique dans la vie que de faire ce qu’on attend de nous. Rien de plus pratique pour passer inaperçu. Et avoir la paix. Et je l’ai eue, d’une certaine façon. Pendant longtemps.

 

Ce n’était pas moi. Avais-je un jour seulement été moi-même ? Si j’avais daigné tordre le cou plus tôt à cette perfection mortifère, je n’en serais pas là. Mais j’ai continué. Tête baissée, trop habitué à être comme tout le monde.

Je devais avoir une dizaine d’années. Nous vivions à Minehead. Je m’étais piqué de peinture. Quoi, je barbouillais. Je me rappelle qu’un jour papa a débarqué dans la chambre. Il a dit «  Arrête tes saloperies et fais donc tes devoirs, cela vaut mieux. » Et lorsqu’il m’entendait martyriser mon piano, c’était une rengaine du même acabit.  Je ne l’ai pas laissé longtemps m’humilier. J’ai tout laissé tomber et je suis devenu ce qu’il voulait. »

 « J’ai été expulsé de ma vie.

Ma petite sœur, voilà de longs mois que je voyage de ville en ville, il ne me restera bientôt plus un sou, et je ne croise que le désert. Car on ne voit de l’extérieur que ce que notre âme veut bien y projeter : alors, c’est le néant que je traverse de jour en jour, toujours le néant. Comprends-tu ce que je t’écris ?

Au fond, je ne te le souhaite pas. Je te souhaite de n’être jamais abandonnée par la vie comme je le suis. Je ne puis plus rien briguer aujourd’hui. Je ne veux rien. Mes mains traversent tout. Je ne sens plus rien. Que l’absence au creux de ma carcasse. Seuls le remords et la culpabilité peut-être, sont capables d’éveiller en moi quelques sentiment, comme la peau - toujours elle- d’un grand brûlé auquel il ne resterait qu’une petite parcelle indemne : la paume de la main qui a servi à allumer le grand incendie.

La route est longue quand on n’a plus nulle part où aller, te disais-je. J’ai revu notre maison de Minehead. Je me suis demandé qui était cet enfant qui y a vécu.  Et ce qu’il serait devenu s’il n’avait pas fait ce qu’il faut faire…   Richard  »



De l'importance de croire en ses rêves et d'essayer de les réaliser . De ne pas se trahir.
Du rôle important des parents qui doivent respecter la personnalité de leur enfant et l'aimer tel qu'il est.  Lui donner "Des racines et des ailes ".

Bisous à tous !               
 




Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

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