Les belles choses que porte le ciel

Publié le 14 Janvier 2009



Un beau premier roman de Dinaw Mengestu.


Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul.
Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. "

Dinaw Mengestu, jeune écrivain américain d’origine éthiopienne nous parle de l’exil et du déracinement qui sont au cœur de ce roman.

L'histoire:

Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circonstances dramatiques. Des années plus tard, dans la banlieue de Washington où il tient une petite épicerie, il tente tant bien que mal de se reconstruire, partageant avec ses deux amis, Africains comme lui, une nostalgie teintée d’amertume qui leur tient lieu d’univers et de repères.
Mais l’arrivée dans le quartier d’une jeune femme blanche et de sa petite fille métisse va bouleverser
cet équilibre précaire.

Sépha va se lier d'amitié avec la petite Naomi,ils vont passer des heures à lire dans sa boutique. Et il va espérer une histoire d'amour avec la mère. Impossible puisqu'ils ne sont pas du même milieu. Mais l'espace d'un instant,il aura la sensation d'avoir une famille.


Extraits d'une interview de l'auteur :

 " - Sépha Stéphanos, votre narrateur et protagoniste, vit un début de relation amoureuse avec une femme blanche qui emménage à côté de chez lui. Les obstacles qui se dressent contre cette relation sont-ils avant tout personnels, raciaux, économiques, ou bien s’agit-il d’une inextricable combinaison de tout cela ?
 

- Dans le cas de Sépha, les obstacles sont vraiment un mélange de tous ces facteurs, mais la combinaison du racial et de l’économique est sans doute essentielle dans le roman. Je voulais montrer comment ces deux facteurs conjugués peuvent créer des gouffres apparemment infranchissables entre les gens. Depuis quelque temps, on prête une attention bien plus grande à la fracture économique et sociale, en Amérique, une fracture de plus en plus importante, et il se trouve que cette fracture, quand elle se double de la question raciale, renforce encore davantage les tensions.

Je suis né en Éthiopie, mais j’ai grandi aux États-Unis, et pourtant, je continue à m’accrocher délibérément, et parfois farouchement, à un pays où je ne suis pas allé depuis vingt-cinq ans.
De nombreux immigrants, j’en suis sûr, ont un sens beaucoup plus fort du pays qu’ils ont laissé derrière eux et donc, pour eux, cela a peut-être moins à voir avec le fait d’être coincé entre deux mondes qu’avec celui d’évoluer entre deux réalités. Dans le cas de Sépha, il a physiquement laissé l’Éthiopie derrière lui et il vit avec cette absence, qu’il refuse d’oublier, car la nostalgie et les souvenirs sont tout ce qu’il possède."

Ce roman pose une question :


Comment se reconstruire lorsque la nostalgie et les souvenirs vous poussent sans cesse vers le passé, vers des paradis à tout jamais perdus ?
 

Un roman attachant,à l'écriture limpide,avec des moments de tendresse et d'émotion comme j'aime !
Sépha a seize ans,il vit en Ethiopie avec son père qui est avocat,sa mère et son jeune frère.
Un jour,des soldats pénétrent chez eux et agressent violemment le père.

" Il faut au moins dix minutes à mon père pour se relever.
Bien sûr, mon père se retourne pour nous regarder une dernière fois, ma mère, mon frère et moi avant d'être escorté à la pointe du fusil,jusqu'à dehors.
Je ne suis même pas sûr de ce qu'il peut encore voir à ce stade - si nos visages sont distincts les uns des autres ou bien si, à travers le voile de larmes et de sang,nous n'avons pas tous les trois fondu en une silhouette indéterminée. J'aime à penser que c'est ainsi qu'il nous a vus, comme sa famille et non comme des individus, comme un univers qu'il pouvait à juste titre revendiquer d'avoir crée."

A la suite de cette arrestation,le jeune Sépha doit fuir son pays et se débrouiller tout seul. Il ne pourra jamais oublier le regard de son père. 



                      

Un roman qui fait entendre avec beaucoup de finesse les voix mêlées de tous ces êtres déracinés.


Bisous à tous ! et n'oubliez pas... Un petit commentaire est toujours le bienvenu et encourage pour de prochains articles !
J'ai un peu hésité avant de continuer ce blog ..car je m'y sens un peu seule parfois.Pour moi, les blogs sont faits pour communiquer et non pour se réfugier seule devant son écran.

Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Livres

Repost 0
Commenter cet article

mary 15/01/2009 09:17

Merci mes fidèles !! Je pense très fort à vous . Bisous !

Tita 14/01/2009 22:33

Encore un bel article sur un bouquin qui a l'air très intéressant.
J'ai fini le bouquin de Jonathan Safran Foer et j'ai vraiment beaucoup aimé : merci beaucoup à Lulu qui me l'a offert pour Noël). J'ai même eu un petit pincement au coeur quand j'en suis arrivée à la fin du livre.
Bises et à très bientôt

lucille 14/01/2009 20:53

ben NOUS, les inconditionnels nous sommes là et nous lisons tes articles avec avidité!! d'ailleurs je me demandais quand est-ce que le prochain allait arriver!
le livre a l'air très sympa!