bleu comme l'enfer

Publié le 13 Novembre 2008

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 Hier soir nous sommes tombés  un peu par hasard sur un reportage  ( dans l’émission 66 minutes sur M6. )

Des vitrines des grands joailliers de Paris on se retrouvait à Madagascar immergé dans le quotidien des chercheurs de saphir.
Nous faisons la connaissance d’un homme jeune ( 28 ans ) déjà père de 6 enfants !
Il nous présente sa famille, la jeune femme et ses petits blottis autour d’elle. Ils vivent dans une minuscule cabane en bois. Ils nous offrent leurs plus jolis sourires.
L’aîné des enfants (10 ans)  travaille  à la mine avec son père du matin au soir.
 Un travail très pénible. Creuser, creuser, jusqu’à 10 m sous terre.  Avec pour seul outil une « barramine », une bougie pour s’éclairer, un bonnet sur la tête pour se protéger.

Mains et pieds nus.                                   


Deux personnes meurent chaque jour sur ces mines « sauvages », ensevelis sous les roches et la terre rouge .
Ils doivent ensuite transporter les sacs de terre jusqu’au point d’eau où ils la tamisent dans l’espoir de découvrir enfin quelques grains de saphir. (Le sac du gamin  pesait 7 kg. )
Mais il devient de plus en plus rare d’en trouver.


Ce qui m’a le plus ému ce fut de voir les visages de cet homme et de son fils. Ils avaient un magnifique sourire, des yeux pleins d’espoir . Ils étaient si proches, si complices. Ils riaient tout en travaillant si dur.
« On n’a pas le choix, il faut manger. » a dit le jeune père de famille.
Après ce reportage, j’ai eu envie d’en savoir un peu plus. A la lecture de nombreux  articles, la situation m’est apparue encore plus difficile pour ces gens si démunis et exploités sans états d’âme  par des sociétés étrangères..
Les pierres sont  bien plus précieuses à leurs yeux que  la vie de ces hommes et de ces gamins au fond de leur puits sous terre .



                                                      




En 1995, un filon de saphir était découvert au nord de Madagascar. Des centaines de familles accouraient de tout le pays et se lançaient à la recherche de la précieuse pierre. Chaque jour, des centaines d'éclats de saphir s'achètent et se vendent.


                                                             


En 1998, le minuscule village de  Ilakaka s’est rapidement transformé en ville minière et par la même occasion est devenu l’un des endroits les plus dangereux du pays. La raison de ce changement dramatique est la découverte de minerais de saphir dans la vallée.


                                  


                            Ilakaka 
      mythe et réalité au royaume des saphirs


Pourtant, le lieu n’est pas en odeur de sainteté. Derrière un décor hollywoodien-carton-pâte-précaire alignant les baraques-planches dans une poussière sèche, derrière les enseignes aux couleurs vives qui vénèrent le dieu Saphir, se cache difficilement la misère aiguë d’une population d’ex-agriculteurs, ex-commerçants, ex-concessionnaires-autos qui aujourd’hui ne sont plus que les acteurs affamés, les marionnettes abusées d’une vilaine fièvre bleue qui se voulait « ferveur ».


                                               



- « Si t’as de la veine, c’est que tu dois être en principe à piocher à 7 ou 8 m de profondeur dans les 30 km² hébergeant le filon.
Tu t’es délesté au préalable de tes derniers ‘ronds’ pour acheter une carte de travail au Felapaiso, organisme qui gère le site, et maintenant tu mises sur ton courage et ta résistance pour tenir bon jusqu’à ce que le Dieu Saphir fasse de toi un élu.      

                                                       


Si t’es moins chanceux, c’est que la galerie mal étayée dans laquelle tu te trouves t’a probablement enseveli : ironie de l’histoire, tu as creusé ta propre tombe et on fera peu de cas de ta disparition.
Dis-toi bien que le choléra aurait aussi pu se charger de ton funeste destin.
Si tu fais partie des lucky guys, sache quand même que les intermédiaires qui te rachèteront tes pierres les revendront 100 fois plus chers aux négociants asiatiques : ici, le risque paie plus pour ceux qui ne les prennent pas et les droits d’exploitation de cette Terre Sainte sont aux mains des sociétés étrangères.
Mais tu auras au moins la satisfaction de venir te dépouiller la tête dans un de ces saloons de fortune, où des créatures bavardes marchandent pêle-mêle leurs appâts »


 Nul n'a trouvé de gros gisements de " bleu royal ", la couleur transparente la plus recherchée sur le marché de la joaillerie. Car au fond des mines il y a certes des saphirs, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, mais leur qualité et donc leur valeur marchande est loin d'être rentable.




                             


Alors, les sociétés occidentales sont reparties. Les mineurs locaux sont restés. Ils continuent à creuser. Toujours avec le même espoir chevillé au corps. Les hommes - les femmes et les enfants ne descendent pas dans les mines -, creusent sans relâche d'avril à décembre, seule la saison des pluies arrêtant leur titanesque travail de fourmi. "Je suis sûr qu'il y a de gros ' bleu royal ' ici.
Un jour j'en trouverai un  "  affirme Relaza, 24 ans.
La mine où il travaille est située à une demie heure de marche de son village.

Dire que son travail et celui de ses compagnons est harassant est un euphémisme. Mais personne ne se plaint. Seules les callosités et les blessures de leurs mains, de leurs pieds disent la dureté de leur tâche.
À coups de pioches et de pelles, les mines sont percées à la verticale sur une profondeur d'environ 10 mètres. Les trous ne sont pas étayés, même si de fragiles bouts de bois sont parfois disposés à l'entrée de la galerie.



                                                                                  

Ces  enfants, ces jeunes  travaillent sans se plaindre  au lieu d'aller en classe et de s'amuser et gardent leur joie de vivre et l'espoir d'un avenir meilleur.    Une belle leçon de courage .
Il y a encore beaucoup à faire dans ce monde surtout pour les enfants, vous ne croyez pas ? 


                                                                           

Rédigé par Moonshadow

Publié dans #Reflexions

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Mary 19/12/2008 19:25

bonjour Lalaina ! Merci de ta petite visite sur mon blog.
En ce qui concerne ton problème je ne peux malheureusement pas t'aider. Je ne sais pas comment tu pourrais revoir ce reportage.
En plus de mon côté, je vis à la campagne et je n'ai pas l'adsl, pas de haut débit.
Je ne peux visionner des vidéos .
Bon noël à toi et ta famille.

Lalaina 19/12/2008 13:37

Bonjour,

J'ai vu également par hasard le reportage sur le travail des enfants dans les mines d'Ilakaka et suis très intéressé à avoir la vidéo. malheureusement, je n'ai pas accès au site www.m6video.fr étant donné que ce site n'est pas accessible à partir d'un pays étranger. Pouvez-vous m'aider s'il vous plaît ???
Merci.